Petit retour en arrière, pour constater ce qui est un recul sur un sujet ou pourtant je pensais ne pas avoir de surprise de la part du candidat UMP, une fois celui ci élu…
Le candidat Sarkozy le 3 mai 2007 lors du débat télévisé avec Ségolène Royal
N.S. : A force de dire que c'est une échéance... Les négociations ont commencé en 1964. Nous sommes en 2007. Il est quand même venu le temps de dire aux Turcs si on en veut ou si on n'en veut pas. Pour moi d'ailleurs, ce n'est pas une question de démocratie, ce n'est pas du tout une question de Musulmans, d'Islam. C'est à dire que c'est l'Asie, ce n'est pas l'Europe. Il faut dire clairement à ce grand peuple qu'est la Turquie qu'ils ont vocation à être le cœur de l'Union de la Méditerranée, mais pas le cœur de l'Union européenne
(…)
N.S. : Votre position, c'est non à la Turquie ?
S.R. : Pour l'instant, c'est une pause.
N.S. : Pour l'instant. Cela peut changer ?
S.R. : Cela peut changer....
N.S. : Moi, cela ne changera pas.
S.R. : ... puisque la parole a été donnée.
N.S. : Non, la parole n'a pas été donnée.
Le président Sarkozy le 7 juin 2007, entretien mis en ligne sur le site lefigaro.fr
Le président français Nicolas Sarkozy annonce qu'il proposera à ses partenaires européens et à la Turquie "une stratégie" permettant de "ne plus continuer sur la stratégie de l'adhésion" d'Ankara à l'Union européenne à laquelle il est opposé.
"Je proposerai une stratégie qui permettra de trouver une voie pour ne pas casser l'Europe et, en même temps, ne plus continuer sur la stratégie de l'adhésion" (...)"je n'ai pas changé d'avis: la Turquie n'a pas sa place en Europe. Mais le rendez-vous est en décembre, pas en juin".
Le President Sarkozy le 27 août 2007, dans son allocution aux Ambassadeurs
« Si cette réflexion essentielle sur l'avenir de notre Union est lancée par les 27, la France ne s'opposera pas à ce que de nouveaux chapitres de la négociation entre l'Union et la Turquie soient ouverts dans les mois et les années qui viennent, à condition que ces chapitres soient compatibles avec les deux visions possibles de l'avenir de leurs relations : soit l'adhésion, soit une association aussi étroite que possible sans aller jusqu'à l'adhésion. Chacun sait que cette seconde formule est celle que j'ai prônée pendant toute ma campagne électorale. Je n'ai pas changé d'avis et je pense qu'elle sera un jour reconnue par tous comme la plus raisonnable. En attendant, comme le Premier Ministre Erdogan, je souhaite que la Turquie et la France renouent les liens privilégiés qu'elles ont tissés au fil d'une longue histoire partagée. »
Permettre la discussion des chapitres ne fait aucun sens si l’on sait que l’on souhaite être ferme sur l’issue du processus. C’est d’ailleurs ce qu’avait compris le candidat…
Ce que semble préparer le Président, est simplement un report de décision, lorsqu’il ne sera peut être plus présent pour avoir à prendre des décisions difficiles.
Personne ne pense que dire non à la Turquie dès maintenant est une chose facile ; personne ne pense que la Turquie le prendra avec le sourire.
Ce qui m’inquiète, c’est que l’on assiste ici à une reculade, magistrale, sur un sujet qui n’est pourtant pas à risque (en France) car i) le candidat avait clairement annoncé ses intentions durant la campagne et ii) le PS n’est pas uni sur cette question, ce qui rendrait une exploitation politique immédiate difficile... Je commence donc sérieusement à m’inquiéter sur la capacité à assurer les promesses difficiles, et à tenir le cap face aux manifestations dans les moments de réformes…..éventuelles…
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