Le 11 juin, au lendemain du premier tour de l'élection législative, le journal Libération a publié une tribune libre que j'ai écrite
concernant l'élection de députés des Français de l'Etranger. Il ne s'agit pas ici de nier l'importance de l'AFE ou des sénateurs, mais simplement de souligner l'injustice de la non représentation
de ces Français à l'Assemblée. Cet article a donné lieu à un grand nombre de commentaires, continuons la discussion ici...
"Le 17 juin, les Français pourront achever d’élire les 577 députés représentant toutes les circonscriptions de France et
des DOM-TOM.
Cette élection au suffrage universel direct méprise pourtant deux millions de personnes, Français de nationalité et de cœur, mais
non de résidence. J’ai vu lors de l’élection présidentielle la mobilisation de ces Français, dans toute leur diversité, aller voter après avoir attendu une heure sous la pluie. Les Français de
l’étranger sont des Français, et pourtant ne seront pas véritablement représentés à l’Assemblée.
Le Français de l’étranger pourra voter dans sa commune d’origine, c’est-à-dire le dernier lieu dans lequel il aura vécu avant sa
décision de partir. Peu importe qu’il ait ou non encore des liens avec cette région, peu importe qu’il ne puisse donner de procuration à une personne de confiance s’il est parti de cette
circonscription il y a plus de vingt ans.
Ceux d’entre nous qui aspirent à faire profiter la France de leurs expériences et de leurs découvertes souhaiteraient avoir une tribune pour le faire efficacement. Car nous désirons également
partager nos joies et nos expériences. L’entrepreneur qui lance son agence de voyage ou sa pâtisserie au Japon souhaiterait certainement faire part de ses apprentissages dans le domaine de la
politique de l’emploi ou de la formation du personnel. Observer au plus près les innovations et initiatives politiques d’autres pays peut donner des idées pour affronter les grands défis à venir
tels que le vieillissement ou le recyclage.
Les Français de l’étranger sont une richesse pour la France, et une minorité croissante. Il devient courant de passer une période de
sa vie à l’étranger, comme il est ordinaire pour un Alsacien de vivre à Paris quelques années. Pourquoi le second peut-il être un citoyen à part entière, participant à l’évolution des lois de son
pays, et non le premier ? Un certain nombre de mesures ont été annoncées pour les Français de l’étranger. Nous souhaitons simplement avoir nous aussi nos députés pour être certains que ces
promesses soient respectées, que nos intérêts soient représentés et que nous puissions apporter nos contributions au débat national. Les principaux candidats nous ont envoyé des lettres durant la
campagne présidentielle. Nous avons créé des représentations pour les principaux partis afin d’animer la vie politique locale et de débattre des grands sujets concernant la France.
Nous aimons la France. Nous la représentons tous les jours, et, pour une grande partie d’entre nous, y retournerons dans le futur. Lorsque vous voterez pour le candidat de
votre circonscription dimanche, ayez une pensée pour les deux millions d’oubliés. "
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